shadow
shadow

Vision des îles de Kerkennah Leila Ayoub

Retrouvez la première partie de la vision de Kerkennah par Leila Ayoub en suivant cette adresse : Clin d’oeil à Kerkennah.

 

Si vous avez lu déjà cette première partie, vous êtes impatient de lire la suite de cet article…

Je vous souhaite bonne lecture et nous nous retrouvons à la fin…

 

Mon regard sur les îles de Kerkennah Acte 2

Les « machtat » avaient la tache de nous faire patienter avec leur chants traditionnels accompagnés de « bendir », entrecoupé de « tawrich » teinté parfois d’humour populaire.

Mariage Kerkennien et tradition

Après que tout le répertoire ait été chanté, que les poches aient été vidées, on avait droit au levé du voile, pour découvrir enfin, le visage de l’heureuse élue, éclairé par des bougies. Comme par magie, toutes les mariées, même parmi les moins belles, brillaient comme des étoiles, le jour de leur « hroub ». Encore un vœu exhaussé, une étoile filante parmi bien d’autres pour annoncer la bénédiction de Dieu.

Vidéo Koffa à Ouled Yaneg Kerkennah – Leila Ayoub

Mariage typiquement Kerkenniens

Mariage Kerkennah jelwa Mariee - Photo de Leila Ayoub Kerkennienne

Mariage à la Kerkennienne.

Mariage Ouled Yaneg Ouled Kacem - Photo de Leila Ayoub Kerkennienne

La « jelwa » : Mariée se découvrant le visage et exhibant son henné

Et errer encore parmi la foule d‘un « saf » à Ouled Yaneg ou Ouled Kacem, s’arrêter à chaque lanterne éclairant une porte, ou passer silencieusement son chemin devant une lanterne éteinte, s’émouvoir par ce bref dialogue, cet intense message implicite : vivre en paix c’est aimer son prochain plus que s’aimer soi même, savoir humblement partager sa joie et sa peine.

Vidéo Du Saf à Ouled Kacem – Leila Ayoub

Folklore de Kerkennah

Continuer ainsi ce parcours parmi cette foule joyeuse festive et solidaire, en admirant les drapeaux malmenés par la brise marine et vibrant au rythme des « snajek »

Parade Saf Ouled Kacem Kerkennah – Photo de Leila Ayoub Kerkennienne

Vidéo Danse des hommes aux foulards – Leila Ayoub

Parade Saf de Kerkennah

Parade Saf Mariage Ouled Kacem – Photo de Leila Ayoub Kerkennienne

Parade du « Saf » à « Ouled Kacem »

Ici, il devient possible de se débarrasser du superflu, de l’artificiel. Ici la joie de vire et le bonheur sont à portée de mains et ne tiennent qu’à des choses simples inscrites dans l’ordre de la Nature.

Epiceries Ouled Kacem El Neji Mrad Kerkennah – Photo de Leila Ayoub Kerkennienne

Premières épiceries Ouled Kacem El Neji Mrad

L’une des premières épiceries à « Ouled Kacem » de « si El Neji Mrad ». Ici, faire ses achats n’est plus une tâche banale.

Mon île, tes hommes savaient allier force et sagesse, ils étaient pieux mais avides de savoir. Ne sont-ils pas nombreux ceux et celles parmi les vieilles générations, à déclarer que leur plus grande déception était d’avoir été contraints d’interrompre leurs études.

Histoire de famille…

Tel fut le cas de mon grand père « Abd errahmen » contraint, dés son jeune âge, à épouser sa cousine et à quitter l’école française, alors interdite aux élèves mariés. Parti travailler à Tunis, sa vie prit un autre chemin mais battant jusqu’au dernier souffle de sa vie, il réussissait toujours à tirer avantage des pires situations. Chaque soir, il transformait en rentrant chez lui, sur son dactylographe des événements tragiques de son quotidien en proses (période du protectorat français).

Le kerkénien ne connait ni la soumission, ni la servitude, il est libre et c’est en cela qu’il se sent si différent des hommes du continent. Il a l’intime conviction de venir d’une terre lointaine et les arguments n’en manquent pas.

Déjà toute jeune, c’était sous le palmier que mon grand père « Hassen » nous racontait les histoires des prophètes et à travers ses dires, j’ai compris que l’Orient serait la terre d’origine des « Mouemna ».

Maison traditionnelle Kerkennah

A « Mouemna », nous vivions en grande famille. Dans chaque tronçon de rue, vivaient des familles apparentées à celles qui occupaient le tronçon précédent. Le degré de parenté s’estompait graduellement avec l’éloignement. Il en était de même dans les cimetières. Dans les maisons (jardins ou patios) on trouvait parfois un olivier, un figuier, un grenadier, des vignes et des plantes aromatique comme la basilique, le géranium et la menthe. La nuit comme le jour, les portes étaient toujours grandes ouvertes. C’est sans doute cet accord tacite de cohabiter en paix, qui nous faisait sentir chez nous, là où on allait.

Figuier interieur patios Kerkennah – Photo de Leila Ayoub Kerkennienne

Figuier à l’intérieur de patios.

Vigne interieur patios Kerkennah – Photo de Leila Ayoub Kerkennienne

Vigne à l’intérieur de patios.

Grenadier interieur patios Kerkennah – Photo de Leila Ayoub Kerkennienne

Les grenades comptent parmi les fruits favoris des kerkéniens.

Maintenant, Je sais que je serai triste le jour ou je ne me sentirai plus chez moi, à Kerkennah.

Tradition et culture Kerkennienne

Je ne me sentirai plus chez moi, lorsque plus personne me croisant, ne me dira « Assalemou alaykom », « enmessik belkhir », lorsque les cérémonies de mariages seront uniquement réservées aux proches, lorsque toutes les lanternes des vieux quartiers seront éteintes, lorsqu’il n y aura plus de « machtat », qu’on entendra plus un fond de « tbal », ni la sonnette du « sarsar », lorsque tous les champs de vignes centenaires seront remplacés par des oliviers, qu’on ne verra plus de scorpions, de criquets, de toiles d’araignées, de hérissons, ni d’étoiles filantes, ni d’horizon, alors caché par les remparts…

Araignee kerkennah Karkna – Photo de Leila Ayoub Kerkennienne

Elles sont nombreuses, cachées dans les figuiers comme pour garder les fruits des insectes.

Scorpion Kerkennah – Photo de Leila Ayoub Kerkennienne

Le scorpion n’est pas redouté par les kerkenniens. Il ne pique que les personnes qui lui sont prédestinées, dit-on : « elakrab marsoula ».

Grappe de raisin rouge jaune Kerkennah – Photo de Leila Ayoub Kerkennienne

Les vertus de kerkennah sont hélas éphémères, car tout le monde se moquent de leur durabilité. Tant qu’on peut encore cadrer une photo, déguster une figue, faire une petite sieste. Me revient alors une pensée que m’a dite récemment mon oncle : « on ne peut pas faire reculer le temps ! »

Et à l’heure, impuissante, je vais moi aussi croquer ma pomme et me contenter de ces petits moments de paradis éphémère.

Leila Ayoub

 

Merci, Leila, pour ce magnifique voyage dans ta bibliothèque et tes souvenirs, j’espère que cela vous a plu et vous aura donné envie de venir faire un voyage à Kerkennah…. Alors nous attendons vos commentaires pour que nous puissions échanger ensemble !!!!

Comments

  1. Mehdi Kachouri    

    J’adore les vidéos sur Kerkennah 😉

  2. Ourda    

    Leila je ne vous connais pas, votre article m’a touchée vraiment, plein de sensibilité et de vérité qui nous touche merci encore, Mais je me régale, que dis-je, je le déguste;;;;;

    1. Leila Ayoub    

      Très touchée Ourda, merci:))

  3. Anis    

    Bonjour j’adore cette vision sur les îles de Kerkennah, un mot Bravo !!!!!!!!!!!

    Merci à vous.

  4. wafa    

    tres belles photos, et tres belles vidéos surtout j’ai kiffé celle de SAFF!! celui qui ne connait pas kerkennah ‘ 7ermou rabbi”

    1. Leila Ayoub    

      :))Merci Wafa ..le saff d’Ouled yaneg est meilleur;)

  5. Manel    

    Encore bravo Leila!La deuxième partie de cet article m’a renvoyée à mon enfance.Je ne vivais à Kerkennah que pendant les vacances mais ces moments étaient si intenses que dans mes souvenirs ils ressemblent à une éternité. Les plaisirs simples de la vie, voilà ce que j’aimais le plus à Kerkennah. Le bonheur de marcher pieds nus, de se faire offrir des figues par une dame qu’on croise dans la rue et qui vient de faire la cueillette dans son verger, de marcher au rythme des “jehfa” et des “saff” et d’assister à un “tbal” qui ne finit qu’à l’aube c’était pour moi du pur bonheur. Ce contrat moral qui liait les kerkenniens faisait de Kerkennah un havre de paix. Oui, les maisons restaient ouvertes de jour comme de nuit et on se sentait tellement en sécurité et chez nous qu’on avait le plus grand mal à quitter ces îles à la fin des vacances. Nous avons eu de la chance d’avoir connu cette époque à Ketkennah.

  6. Samira    

    7anout Mrad fi Ouled Kacem ,un patrimoine local et Neji un commercant exemplaire .mes salutations .

    1. Leila Ayoub    

      Je confirme Samira. Merci beaucoup:)

  7. Azer Ayoub    

    Plus qu’un clin d’oeil c’est un beau voyage qui a fait ressurgir beaucoup de souvenirs d’enfance!

    1. Leila Ayoub    

      Merci cousin Azer, j’ai des souvenirs précis de toi. Tu étais un bébé très mignon, on te pinçait tout le temps les joues:))

  8. guetat hedia    

    bravo leila..le mariage kerkennien un vrai festival..wallah j’ai eu la chair de poule en regardant les vidéos et les photos..continues w rabbi m3ak

    1. Leila Ayoub    

      Merci beaucoup Hédia, très touchée par tes encouragements:)

      1. Mehdi Kachouri    

        A quand un prochain article ?;-)

        1. Leila Ayoub    

          Bonne question! 🙂 en novembre j’espère..

  9. Wiss ke    

    Lire cet article m’a donné l’impression d’être à Kerkennah.

    La lecture de cet article est un véritable voyage instantané pour qui souhaite sentir le doux vent de kerkennah sonnant la fin d’El kayla…

    C’est aussi une véritable présentation de Kerkennah, ses coutumes, traditions et son environnement.

    Bravo Leila.

    1. Leila Ayoub    

      Merci Wiss ke!:) Contente que cet article ait été une occasion pour vous de voyager pour sentir le doux vent de Kerkennah !:)

  10. Najet Selmi née Zidi    

    Je te remercie beaucoup Leila de m’avoir laisser revivre les traditions et les jours passés à Kerkennah depuis mon enfance jusqu’à ce jour avec mes enfants qui eux aussi l’ont bien aimée et s’y rendent chaque été. Comme j’ai vécu mon enfance et ma jeunesse à Kerkennah ( pendant les 3 mois d’été ); je donne toute la liberté à mes enfants pour passer de beaux jours inoubliables, connaitre de mieux en mieux les familles proches, nos coutumes et traditions et en particulier écouter et danser sur les rythmes du tabbel.

    1. Leila Ayoub    

      Merci beacoup Najet:)) contente de partager avec vous et avec tous ceux qui s’y reconnaissent, ce sentiment d’appartenance qui nous lie tous. j espère que ce sentiment perdurera le plus longtemps possible chez les générations futures…

    2. Leila Ayoub    

      Merci beaucoup Najet:)) contente de partager avec vous et avec tous ceux qui s’y reconnaissent, ce sentiment d’appartenance qui nous lie tous. j espère que ce sentiment perdurera le plus longtemps possible chez les générations futures…

  11. Myriam    

    En voyant vos photos et les vidéos (surtout celle du saf) j’ai eu les larmes aux yeux…

    Moi aussi j’y passais les 3 mois d’été de mon enfance, que de bons souvenirs, tous mes souvenirs!
    Cela fait presque 10 ans que je n’y suis pas retournée, mais pas un jour ne passe sans que je ne pense à Kerkennah. Et pourtant je ne sais pas si encore aujourd’hui beaucoup de gens (des cousins surtout) me reconnaitraient, ou si moi-même j’en reconnaitrais beaucoup.

    Je suis tellement triste que mes enfants ne connaissent pas cet endroit.

    1. Leila Ayoub    

      Chère Myriam, j’espère de tout coeur que vous aurez l’occasion d’y revenir et d’y partager d’autres moments heureux avec vos enfants et vos cousins:)
      Amicalement, Leila.

  12. sarah souissi    

    je me marie cet été et je voudrais faire une henna traditionnel à la kerkennienne qui peut me dire qu’elles sont les traditions

    1. Mehdi Kachouri    

      Sarah, Merci pour votre commentaire, je vais faire en sorte de vous fournir cette information lors d’un prochain article… Bonne fête de fin d’année 😉

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *