shadow
41h30 à Kerkennah
5 (100%) 4 votes

 Quelle idée, dira-t-on que ce séjour marathon ?

Trois raisons : la premi√®re est sentimentale. Celle d’√™tre proche de son p√®re le jour de son anniversaire, le 04 janvier, comme chaque ann√©e, depuis son d√©c√®s voil√† un peu plus de trois ans.
La deuxi√®me raison est d’ordre relationnel. Elle comprend le suivi des travaux de la cantine au sein de l’√©cole primaire du village de Ouled Yaneg et, quand bien m√™me br√®ves, les rencontres avec les amis et connaissances.
La troisi√®me rel√®ve du fusionnel : quand on aime Kerkennah on ne compte plus, le d√©part de Sfax toujours aussi excitant en voyant les rivages kerkenniens se rapprocher, avec un d√©barquement toujours aussi tumultueux, une foule, des voitures et des motos foncer pour arriver au plus vite √† destination comme si l’on ne voulait pas perdre une minute de s√©jour. Et puis humer cet air propre √† Kerkennah qui fait rejaillir √† l’esprit cette citation de G.¬†Flaubert, “L’air y est si doux qu’il emp√™che de mourir” (Salammb√ī, 1862).

¬†Atteindre la rive du paradis…

Ce jour-l√†, en raison de la forte houle, le Loud a mis 15 minutes de plus pour relier le port de Sfax √† celui de Sidi Youssef. Le capitaine a d√Ľ tirer des bord√©es afin d’√©viter au bateau de forts tangages, le tout sous un soleil splendide. Une dr√īle de sensation que de voir le Loud navigant parall√®lement √† la c√īte laissant et m√™me d√©passant le port de Sidi Youssef sur la gauche, puis reprendre le chemin inverse en se rapprochant de la c√īte pour enfin mettre le cap sur l’entr√©e du chenal et accoster.
Les arriv√©es √† Kerkennah, pour un originaire de l’Ile, suivent toujours un m√™me rite, celui d’acc√©der √† son lieu de s√©jour et r√©gler les questions d’intendance : a√©rer les chambres, pour ceux qui disposent d’un pied-√†-terre ferm√©, et alimenter le r√©frig√©rateur en denr√©es de subsistance. Puis suivent les appels signalant l’arriv√©e.
Les paroles de bienvenue sont si chaleureuses que l’on en reste sans voix. Ceci sans parler des embrassades qui n’en finissent pas lors des rencontres.

Kerkennah c’est √ßa : l’air pur et la chaleur humaine.

¬†41h30, deux journ√©es sous un soleil bleu et deux nuits (elles sont fra√ģches)

C’est tr√®s court, mais l’on reste sur l’impression d’un s√©jour plus long et bien rempli. Lev√©e de bonne heure, couch√© tard et programme ex√©cut√© au pas de charge, agr√©ment√© d’une bonne marche le long de la corniche nouvellement am√©nag√©e √† Ouled Yaneg, dans le cadre de la protection du littoral. Agr√©able et destin√©e exclusivement aux pi√©tons. Prudents les concepteurs ont pr√©vu des plots en dur pour emp√™cher l’envahissement par les quatre roues. Autre id√©e, fort sympathique, l’am√©nagement d’une placette en front de mer avec des bancs. Quelques palmiers autour pourraient venir donner davantage de charme √† cet espace de vie et de rencontres chaleureuses.


Et puis il y a l’incontournable passage par Remla et, pour ce qui concerne l’auteur, l’irr√©sistible acc√®s √† la tentation de croquer un mille-feuilles chez Saida. C’est le meilleur au monde !

¬†D√©j√† le d√©part…

Puis arrive l’heure du d√©part, toujours avec amertume de ne pouvoir rester plus longtemps et tristesse de quitter ce coin de paradis.
Comme pour chasser le mauvais Ňďil, il y a quand m√™me des points sombres. Ils se situent sur la route avec ces dos d’√Ęnes anarchiques, des initiatives individuelles, invisibles, particuli√®rement par soleil rasant. Les prendre, m√™me √† 30 km/h, est un enfer pour le v√©hicule. Il doit y en avoir quatre ou cinq √† Ouled Ezzeddine et autant √† Melitta.
Le deuxi√®me point sombre restera l’√©ternelle hygi√®ne douteuse des toilettes du Loud.
Mais bon il faut faire avec . Kerkennah m√©rite bien que l’on souffre quelque peu.
Le Loud arrive il est temps d’embarquer. L’on a presque envie de le voir prendre du retard sur son heure de d√©part. Rien √† faire sa ponctualit√© est l√©gendaire.
Qu’il est toujours triste d’assister √† l’√©loignement de cette rive. Qu’il est tentant¬†de tendre la main pour l’attraper et ne pas la quitter.

Les 41h30 se sont finalement vite √©coul√©es. “Y’a Karkana ya Karkara”

A propos de l'auteur...

Mounir Zalila

Consultant international en d√©veloppement et chroniqueur du magazine Le Manager, jaloux, comme beaucoup, pour son pays et soucieux du futur des jeunes qui sont l'avenir de notre belle Tunisie. Engag√© socialement, il se consacre √† contribuer modestement √† l'essor de Kerkennah, son √ģle √† laquelle il demeure tr√®s attach√© √† travers le soutien aux jeunes et √† la protection de son fragile √©cosyst√®me.

Comments

  1. Mehdi Kachouri    

    Merci Mounir pour le partage de cette escapade furtive et intense ! Quel bienfait en ce d√©but d’ann√©e ! Voila un beau cadeau pour pr√©parer le prochain voyage printanier ou estival √† Kerkennah qui loin de nos coeurs nous manque tant.

  2. WEG    

    Merci Mounir ! Je n’avais pas pr√©vu de partir en voyage √† Kerkennah en ce 10 janvier 2017… Mais la lecture de ton texte m’invite spontan√©ment √† me sentir d√©j√† marcher sur le sable, respirer l’air iod√© et regarder l’horizon si particulier √† Kerkennah. Une seule et unique envie : y revenir tr√®s vite !!!
    la voie pi√©tonne laisse libre court √† mes pens√©es… ouvrir sur cette corniche la maison du poulpe pour y d√©guster les fraicheurs marines cuisin√©es par nos h√©ritiers de l’art culinaire kerkennien !! Bonne ann√©e !

  3. Moncef    

    41h30 √† kerkennah m√™me deux minutes ceci apport√© toujours un peu de baume au cŇďur et nous donne la forc√©e d’attaquer la dur r√©alit√© … un peu d’√©vasion et de retour aux sources ne peut que nous remontrer le morale. Merci Mounir pour cette article. Bonne ann√©e √† vous

  4. Mounir Zalila    

    Merci √† Mehdi, Weg et Moncef pour vos aimables propos et vos vŇďux.
    A mon tour de vous souhaiter une bonne et heureuse année 2017.

  5. Saad hamida    

    Que j’ai envie de visiter cette charmante et attirante ile ,pri√®re m’infiquer la meilleure prriode pour la vidite en dehors de la saison d’√©t√© pour pouvoir m’attarder √† savourer la nature et sentir l’air pur de Kerkena

    1. Mounir ZALILA    

      Merci pour votre commentaire.
      Kerkennah peut √™tre visit√©e en toute saison. Chacune d’elle a ses sp√©cificit√©s: couleurs, vari√©t√©s de produits de la mer, activit√©s, animation, affluence…..
      Pour une primo visite, deux p√©riodes: Avril √† juin et septembre √† novembre, et par la suite vous aimerez l’Ile par tout temps et toutes saisons.
      Vous y serez toujours chez-vous.Bon s√©jour d’avance!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *