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Kerkennah en grève sous les feux des projecteurs de la presse
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Depuis plusieurs semaines Kerkennah, ses habitants, la société Petrofac et l’UGTT sont sous les feux des projecteurs du Ministère de l’intérieur et de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme de la section Sfax-nord. Après la marée noire (Cf. notre article du 16 mars 2016 : Lorsque les impunis n’auront plus rien à détruire) sur la plage de Sidi Fredj en ouverture du printemps en Kerkennah, le conflit social entre les salariés, Petrofac et les autorités régionale et nationale dure et s’envenime….

Rappel de l’origine du conflit chez Pétrofac Kerkennah – Gouvernorat de Sfax

La société pétrolière PETROFAC est sous les projecteurs en raison des protestations des salariés suite au sit-in qui a conduit la filiale de l’ETAP à stopper ses activités de production dans l’île de Kerkennah. Une centaine de travailleurs précaires proteste contre les autorités régionales pour exiger leur recrutement effectif dans la fonction publique.

Petit rappel…. l’Entreprise tunisienne des activités pétrolières (ETAP) détient 55% du capital de Petrofac Tunisie (société pétrolière britannique de prospection et d’exploitation énergétique). ETAP emploie directement 170 salariés (et indirectement 1000 personnes). Son principal client est la STEG  (Société tunisienne d’électricité et de gaz) et réalise 12% de la production nationale de gaz.

Le point de vue des salariés : entre sit-in et grève de la faim, les avis sont partagés

Afin d’alerter les autorités régionales et appeler à des actions concrètes, quelques salariés de Petrofac font la grève de la faim depuis le 31 mars 2016, devant le Gouvernorat de SFAX. Ils protestent ainsi contre la passivité des autorités face au sit-in, qui depuis 70 jours, empêche les grévistes de la faim d’exercer leur droit de travailler.

Ils réclament l’application de la décision du gouvernement d’interdire les sit-in sauvages sur les sites énergétiques stratégiques, considérant la menace pour les intérêts du pays. Ils souhaitent ainsi dénoncer le traitement différencié des forces de l’ordre intervenues pour les déplacer alors que rien ne semble être fait pour débloquer les manifestants sur le site du siège de Petrofac à Kerkennah. Source : Businessnews.com.tn

Le point de vue de Petrofac

En Février 2016, Imed Dérouiche, Directeur Général de Petrofac déplorait la situation de blocage en précisant “en 18 jours de blocage des activités, la société a essuyé un manque à gagner de 200.000 dinars». Cette situation pourrait en conséquence obliger la Tunisie à recourir à d’autres sociétés pétrolières étrangères pour assurer ses besoins en gaz naturel. Source : Kapitalis.com

Le point de vue de l’UGTT

Selon REALITES ONLINE du 11 avril, L’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT) dénonce les pratiques des forces de l’ordre pour lever le sit-in qui se tient au siège de la compagnie pétrolière Petrofac. Le recours à la force contre les manifestants à Kerkennah conduit le syndicat a appeler le gouvernement à libérer les protestataires arrêtés, rappelant que les protestations à caractère social ne doivent pas être contrées par la force. Le syndicat propose de mettre en place un comité administratif régional urgent afin d’aider les autorités régionales et centrales en peine d’actions concrètes, de trouver des solutions à la tension dans la région de Sfax. Source : Businessnews.com.tn

Le point de vue du Ministère de l’Intérieur

Selon la Chaine Mozaique (Source : Mosaiquefm.net), “l’intervention des forces de l’ordre, du 3 avril 2016, n’est qu’une application de la loi pour mettre fin au sit-in, afin de permettre aux ouvriers de regagner leur travail.”

And so What ?

Ajoutons à cette situation de blocage que vit Kerkennah, l’absence de réponse aux difficultés liées au réseau de transport (Bateau, réseau routier), à l’accompagnement des personnes âgées et à la protection de l’environnement (infrastructure de déchèterie professionnelle)….

Alors me direz vous… and so what ??? quelle solution concrète ?…. Quelque soit le problème à Kerkennah, la question posée qui n’est toujours pas traitée est une question politique relative aux contraintes de son statut insulaire qui exige pour le fonctionnement de ses administrés, des actions spécifiques de la part du gouvernorat SFAX et une prise en main des kerkenniens sur place.

A propos de l'auteur...

Mehdi Kachouri

Si j'étais un animal… Je serais invertébré au sang bleu. Ma légende dit que je navigue entre le clair, d’une intelligence hors norme, et l’obscur du Kraken. Avec mon tri-coeur kerkennien, je suis un hypersensible qui, un jour de 2009, décide de concevoir un espace de partage dédié à cet archipel méconnu de Méditerranée pour discuter des enjeux du patrimoine des 14 îles de Kerkennah aux eaux peu profondes cristallines et fragiles. Mes 8 tentacules sont autant de passions et de valeurs qui combinent technologie numérique, photographie, gastronomie, goût du partage, exigence du sens critique, inconditionnel de la faune et de la flore, respectueux de l’héritage de mes ancêtres et de l’Histoire de notre civilisation d’Europe et d'Afrique. Ma remarquable capacité d’apprentissage et d’adaptation me permet de proposer des articles indépendants, coups de coeur ou coups de gueule, sur une gamme tentaculaire de sujets, de l’actualité aux initiatives de développement local associatif, touristique, économique, politique... de l’archipel de Kerkennah. Aimant me camoufler dans les profondeurs (bien qu’à Kerkennah il faille aller très loin des côtes pour cela !), mystérieux et plein d'humour, je propose aussi un riche éventail de recettes de cuisine traditionnelle kerkennienne à base notamment de poissons et de fruits de mer... mettant ainsi ma mascotte à l’honneur et ma philosophie en tant que fondateur, propriétaire et administrateur du site kerkenniens.com : "Essayer de toujours le faire avec le (tri)coeur » !

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